Strudel aux pommes traditionnel (Autriche)

Cafouillage linguistique

S’il y a un endroit à ne pas manquer en Autriche, ce sont bien les « Kaffeehäuser », ces établissements où l’on peut déguster un gâteau en buvant un café et rester plusieurs heures à lire le journal sans que ça pose problème. Ces cafés sont tellement importants dans la culture autrichienne qu’ils ont fait leur entrée sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO en 2011.

Quand j’ai vu les lettres « k.u.k. » sur une boulangerie autrichienne, les choses étaient donc claires pour moi : cela signifiait « Kaffee und Kuchen« , soit « café et gâteau ». Quoi d’autre sinon? Je me suis sentie profondément stupide quand j’ai appris que ce sigle faisait en fait référence à l’empire austro-hongrois : « k.u.k » signifie en effet « kaiserlich und königlich« , soit « impérial et royal », aucun rapport avec la tradition du « Kaffee und Kuchen » pourtant si chère aux Autrichiens! Ce malentendu est cela dit resté une expression chez moi et mes amis savent très bien de quoi je parle quand je propose une après-midi « k.u.k » eh eh!

Le pays des gâteaux

Quand j’habitais encore en France, je ne mangeais pas énormément de gâteaux pour la simple et bonne raison que je n’aime pas 1) la génoise, 2) la crème au beurre et 3) les amandes effilées dont usent et abusent nos pâtissiers. Quand je suis arrivée en Autriche, les choses ont cela dit bien changé et il est clair que je n’ai jamais mangé autant de gâteaux que depuis que je suis ici. Les gâteaux autrichiens ne ressemblent à aucun autre. Ils sont très nombreux et très différents les uns des autres mais mon préféré reste l’Apfelstrudel, soit le plus connu de tous avec la Sachertorte. Ce gâteau aux pommes existe depuis très longtemps et il est connu dans le monde entier : on le retrouve dans de nombreux pays d’Europe centrale et de l’est et même en Israël où il a été importé par les Juifs ashkénazes. Il y a quelques années, l’Apfelstrudel connaissait même son quart d’heure de gloire dans une scène désormais devenue mythique du film Inglourious Basterds de Quentin Tarentino!

Strudel aux pommes traditionnel 2

Une pâte transparente sinon rien!

C’est chez les Hongrois que les Autrichiens auraient tiré la recette de l’Apfelstrudel à l’époque de l’empire habsbourgeois. La pâte, quant à elle, viendrait tout droit de l’empire ottoman qui, rappelons-le, a plusieurs fois attaqué la Maison d’Autriche au cours des siècles et a plusieurs fois laissé des choses délicieuses derrière lui : c’est par exemple grâce aux Turcs que les Autrichiens ont été les premiers Européens à faire du café et c’est en outre pour se moquer d’eux que le symbole du croissant a été utilisé en pâtisserie…. Avant d’être récupéré par les Français quand Marie-Antoinette leur a ramené la recette de son pays natal! (Certains Autrichiens n’acceptent d’ailleurs toujours pas que cette spécialité puisse être « française » et ils voient cette prétention comme un « vol »!)

Si l’on trouve aujourd’hui des recettes de Strudel à base de pâte feuilletée, la recette originale utilise toujours la pâte reprise aux Turcs au XVIIème siècle : la « gezogener Strudelteig« , soit « pâte à Strudel tirée ». Cette pâte tient son nom du fait qu’elle doit être tirée à la main pour être la plus fine possible : comme le disent les Autrichiens, on doit « pouvoir lire le journal à travers »! Mais quoi qu’on puisse penser, cette pâte n’est pas si difficile que ça à préparer et la partie où l’on doit tirer le tout est même très amusante. Voici donc aujourd’hui la recette de l’Apfelstrudel original avec sa fameuse pâte tirée.

Strudel aux pommes traditionnel

 

Autriche

Apfelstrudel (Strudel aux pommes)

(pour 8 à 12 parts)

pour la pâte à Strudel tirée

250 grammes de farine

1 œuf

120 ml d’eau tiède

1 pincée de sel

pour la garniture

6 pommes acidulées (de type Boskoop)

le jus d’1 citron

100 grammes de chapelure

60 grammes de sucre

100 grammes de raisins secs

2 cuillères à café de lait

80 grammes de beurre (+ un peu pour la poêle et le badigeonnage)

1 cuillère à café de cannelle en poudre

sucre glace

  • Préparez la pâte : tamisez la farine sur le plan de travail et faites un puits au centre de celle-ci. Mélangez l’œuf avec l’eau et une pincée de sel et versez ce mélange dans le puits. Travaillez le tout jusqu’à ce que la pâte se décolle du plan de travail puis laissez reposer celle-ci 10 minutes à température ambiante sur une surface farinée.
  • Pétrissez de nouveau la pâte pendant 10 minutes environ, mouillez la boule d’eau tiède puis laissez-la reposer à température ambiante sur une surface farinée pendant 30 minutes.

 

  • Pendant ce temps, préparez la garniture : recouvrez d’abord les raisins secs de lait puis laissez-les s’imbiber tout le temps de la préparation.
  • Pelez et évidez les pommes puis coupez-les en fines tranches. Déposez ces tranches dans un saladier, arrosez du jus de citron et réservez.
  • Faites chauffer du beurre dans une poêle et faites-y dorer la chapelure. Ajoutez-la aux morceaux de pommes puis ajoutez les raisins, le sucre et la cannelle. Faites fondre les 80 grammes de beurre, ajoutez-les à la préparation et mélangez bien le tout.
  • Sur un plan de travail fariné, étalez la pâte au rouleau à pâtisserie pour former un rectangle. Étalez ensuite un torchon de cuisine propre sur le plan de travail, farinez-le et déposez-y la pâte. Posez le rouleau à pâtisserie au centre de la pâte pour l’immobiliser, passez délicatement une main sous la pâte puis tirez-la délicatement en commençant par le centre et en la laissant bien sur la paume de votre main. Réitérez cette opération jusqu’à ce que toute la pâte soit tirée et jusqu’à ce qu’on puisse voir clairement à travers. Découpez ensuite les bords de pâte restée épaisse et réservez-les pour une autre utilisation.
  • Badigeonnez la pâte de beurre fondu et déposez la garniture sur le quart inférieur en laissant environ 4 centimètres de marge à gauche comme à droite. Roulez le tout en vous aidant du torchon de cuisine et rabattez les bords de chaque côté du Strudel.
  • Badigeonnez le Strudel de beurre fondu, déposez-le sur une plaque de cuisson recouverte de papier sulfurisé et mettez-le au four préchauffé à 180°C pendant 35 minutes. Laissez refroidir quelques instants, saupoudrez de sucre glace et servez.

L’Apfelstrudel se sert froid ou tiède avec de la crème fouettée (donc non sucrée) ou une sauce à la vanille. Certaines personnes font tremper les raisins dans du rhum mais comme je n’aime pas l’alcool en pâtisserie j’ai préféré opter pour du lait. En ce qui concerne l’étape finale, vous pouvez enfin choisir de ne déposer qu’une partie de la garniture en bas de la pâte et d’en rajouter au fur et à mesure que vous roulez le tout.

Mahlzeit!

Bon appétit!

Petits farcis niçois (France)

Un plat aux couleurs estivales

Je vais vous présenter aujourd’hui une recette bien connue à Nice ainsi que dans d’autres pays méditerranéens : les petits farcis. Les variantes sont nombreuses et vous pouvez donc accommoder cette recette à votre guise : on peut remplacer la chapelure par du pain de mie, ajouter du riz, utiliser de la viande (ce qui est cela dit une hérésie selon mon amoureux de Niçois!), etc etc etc. A vous de laisser libre cours à votre imagination!

Il s’agit là d’une recette saine et équilibrée qui se suffit généralement à elle-même, accompagnée d’une petite salade, mais on peut aussi la proposer en accompagnement et elle convient en outre aux végétariens. On peut utiliser de nombreux légumes pour les petits farcis comme le poivron, l’artichaut ou encore l’aubergine par exemple, le principal étant de toujours mélanger les chairs des différents légumes entre elles.

J’ai pour ma part choisi d’ajouter quelques girolles à ma farce : ça n’a rien de bien traditionnel mais j’essaye de profiter encore un peu de ces délicieux champignons avant que la saison ne se termine!

Petits farcis niçois

 France

Petits farcis niçois

(pour 2 à 3 personnes)

2 courgettes

3 gros oignons

3 tomates

100 grammes de jambon coupé en dés (facultatif)

1 poignée de girolles (facultatif)

1 œuf

4 cuillères à soupe de chapelure

herbes de Provence

sel et poivre

huile d’olive

  • Portez une grosse marmite d’eau salée à ébullition et plongez-y les oignons préalablement épluchés et les courgettes entières. Faites blanchir le tout pendant 5 à 8 minutes et égouttez.
  • Retirez le chapeau des tomates et creusez celles-ci. Mettez la chair dans un saladier et réservez. Coupez les oignons et les courgettes en deux et débarrassez-les également de leur chair.
  • Hachez finement la chair des tomates, des oignons et des courgettes et ajoutez le jambon, les girolles préalablement émincées et la chapelure. Ajoutez ensuite l’œuf, un peu d’herbes de Provence et salez et poivrez.
  • Mélangez bien le tout et remplissez vos tomates, vos oignons et vos courgettes évidés de cette farce. Arrosez le tout d’un filet d’huile d’olive, remettez les chapeaux des tomates en place et faites cuire au four préchauffé à 180°C pendant 30 minutes.

Bon appétit!

Boulettes de poisson du Danube (Autriche)

Boulettes de poisson du Danube 1

Le pauvre Danube bleu

S’il traverse 10 pays depuis sa source en Allemagne jusqu’à son embouchure dans la Mer Noire, le Danube est souvent associé à l’Autriche qui était d’ailleurs surnommée « la monarchie danubienne » à l’époque austro-hongroise. C’est en outre un compositeur autrichien, Johann Strauss Fils, qui a immortalisé le fleuve dans la célèbre valse Le beau Danube bleu en 1866, œuvre que l’on entend encore régulièrement dans les bals autrichiens.

Il y a quelques semaines, je me suis rendue à une exposition sur le Danube dont je suis revenue avec quelques recettes de poisson distribuées gratuitement. Comme je ne cuisine jamais de poisson, je me suis dit que c’était l’occasion parfaite et je me suis aussitôt ruée sur le marché à la recherche du Saint Graal. Mon enthousiasme a malheureusement été de courte durée car j’ai très vite compris que, même en habitant au bord du fleuve, il était totalement impossible de trouver du poisson du Danube. Les marchands eux-mêmes me regardaient avec des grands yeux, comme si ma requête était complètement surréaliste, et des connaissances se sont même payé ma tête : « Hein? Du poisson du Danube? Mais t’es folle, il est affreusement pollué ce fleuve! » Alors certes, je me doutais bien que le Danube n’était sans doute pas plus clean qu’un autre fleuve, mais est-ce vraiment plus sûr de consommer du poisson venu du bout du monde, élevé on ne sait comment et nourri aux antibiotiques et à je ne sais quelles autres saletés? Ne serait-il pas plus simple de se fournir chez soi, puisqu’on habite au bord de l’eau, plutôt que de polluer encore plus la planète en faisant faire le tour du monde à toutes nos denrées alimentaires?

Long de 3000 km, le Danube est, après la Volga, le 2ème fleuve du continent européen. Malheureusement, il est aussi le 1er fleuve pollué d’Europe ainsi que le 5ème au niveau mondial, le record absolu étant détenu par le Gange. Peu de temps après ma visite au musée, j’ai eu la chance de rencontrer « le dernier pêcheur du Danube » : ce drôle de zigoto possède un superbe domaine en plein cœur de la zone industrielle de ma ville, adresse secrète s’il en est qu’on a maintes fois essayé de lui racheter mais fort heureusement sans succès. A la belle saison, il est possible de louer une table chez Franz, à raison de deux rendez-vous par mois uniquement, et la surprise est de taille : jamais je n’aurais imaginé qu’un tel havre de paix pouvait nicher à cet endroit, c’est-à-dire en face de la plus grande usine de la ville qui crache toujours une fumée impressionnante et au beau milieu des bâtiments grisâtres et autres grands magasins ignobles.

Les réservations chez Franz sont particulières car, pollution oblige, il faut toujours le recontacter quelques jours avant la date prévue pour savoir si l’on pourra venir ou non : il arrive en effet que le pêcheur rentre bredouille de son travail, tant et si bien qu’il ne peut pas toujours contenter ses clients. Je n’aurais jamais pensé que la situation était aussi catastrophique et je trouve ça vraiment triste de voir qu’il aura fallu si peu de temps aux Hommes pour saccager cette réserve naturelle. Et dire qu’au musée il y avait plusieurs photos montrant des gens achetant du poisson au bord du fleuve il y a quelques décennies de cela à peine…. Aujourd’hui, il paraît tellement évident d’acheter des trucs au pifomètre sans même savoir d’où cela vient que la simple question « vous avez du poisson du Danube? » donne aussitôt lieu à des yeux de merlan frit chez votre interlocuteur. Les pêcheurs amateurs existent toujours, bien sûr, mais j’imagine que ça ne doit pas souvent mordre chez eux non plus, ce qui est bien dommage car le poisson que nous avons mangé chez Franz était 1000 fois meilleur que tout ce qu’on peut trouver au magasin ou au marché.

Du poisson du bout du monde

Si je n’ai donc pas trouvé le Saint Graal, je suis quand même revenue avec du poisson du marché, plus précisément avec du poisson dont les vendeurs eux-mêmes ignoraient l’origine. Autant dire que c’était la première et la dernière fois que je faisais mes emplettes chez eux et que je me suis fait une raison : le poisson, je continuerai à faire une croix dessus et je n’en referai que quand je trouverai une offre plus intéressante. A mon avis, il ne me reste que deux options cela dit : soit je sympathise avec des pêcheurs, soit je m’achète mon propre matériel et mon permis de pêche!

La recette que je vais vous proposer aujourd’hui vient d’un pêcheur amateur, « Pepi », et j’ai personnellement opté pour du poisson-chat pour la concocter mais vous pouvez choisir tous les poissons susceptibles d’être trouvés dans le Danube (en cherchant bien….). Les « boulettes » de ce type sont très fréquentes en Autriche, qu’elles soient à base de poisson, de viande ou tout simplement de légumes.

Si jamais vous passez dans le coin, sachez toutefois que le Danube vaut le coup d’œil, et pas qu’un peu. Il est magnifique et il existe de nombreux spots où l’on peut se baigner ou faire diverses activités aquatiques, chose que les Autrichiens font souvent quand il fait beau puisqu’ils ne bénéficient d’aucun accès à la mer.

Boulettes de poisson du Danube 2

 

Autriche

Donaufischlaibchen (boulettes de poisson du Danube)

(pour 2 personnes)

300 grammes de poisson du Danube (hotu, brème, brochet, carpe, gardon, poisson-chat, sandre….)

1 bouillon de légumes

1 gros oignon finement haché

persil finement haché

1 œuf

chapelure

huile neutre

sel et poivre

  • Portez le bouillon de légumes à ébullition et déposez-y le poisson entier. Faites-le pocher 5 à 8 minutes et égouttez-le.
  • Retirez éventuellement les arêtes du poisson et hachez la chair. Ajoutez-y l’oignon et le persil finement hachés, salez, poivrez et formez de beaux palets bien compacts avec vos mains.
  • Cassez l’œuf dans une assiette creuse, mélangez-le à la fourchette et versez la chapelure dans une autre assiette creuse. Faites chauffer de l’huile dans une poêle, plongez vos palets dans l’œuf puis dans la chapelure et faites-les frire à la poêle de chaque côté pendant quelques minutes.

 

Pepi nous conseille une « Kartoffelsalat » ou une salade de pommes de terre à la mayonnaise pour accompagner ces boulettes. Vous pouvez par ailleurs ajouter les légumes de votre bouillon à votre farce ou les proposer en accompagnement pour ne pas faire de gâchis.

Mahlzeit!

Bon appétit!

(Le beau Danube bleu au célèbre Concert du Nouvel An à Vienne en 2008)

Pizza Margherita / Pizza Bufalina (Italie)

La differenza?

La Margherita, tout le monde la connaît : c’est la plus basique de toutes les « pizze« , celle que l’on retrouve tout en haut de la carte en pizzéria et qui porte les couleurs de l’Italie grâce à la tomate, à la mozzarella et au basilic. Et la Bufalina? C’est quasiment la même chose, à la (grosse) différence près qu’on utilise de la « mozzarella di Bufala Campana » pour celle-ci quand on utilise de la « fior di latte » pour la Margherita. La mozzarella di Bufala Campana est, comme son nom l’indique, un fromage au lait de bufflonne, tandis que la fior di latte est un fromage au lait de vache.

Le plus célèbre des fromages italiens serait né au Xème siècle après que des moines bénédictins ont été capturés par les Sarrasins et ont découvert grâce à eux les bufflonnes et l’utilisation qu’on pouvait faire de leur lait.

Le goût de la mozzarella dépend fortement de sa qualité et mieux vaut éviter d’acheter les variantes industrielles insipides qu’on trouve dans tous les supermarchés. Car oui, la mozzarella a du goût, contrairement à ce qu’on pourrait croire quand on goûte à ces pauvres petites boules tristounettes à 1 euro. En général, la mozzarella di Bufala Campana est la plus simple à trouver en dehors de la Botte : si elle ne porte pas ce nom précis alors passez votre chemin car la véritable mozzarella au lait de bufflonne originaire de Campanie est protégée par l’appellation « DOP » ou « Denominazione di Origine Protetta » qui correspond à notre « AOP » ou « Appellation d’Origine Protégée ».

Pizza Margherita / Pizza Bufalina

Cette recette a beau être un classique, elle vaut tout de même le coup d’être essayée car le résultat est généralement bien meilleur que ce qu’on peut trouver dans les « pizzerie » qui n’utilisent pas nécessairement de la mozzarella digne de ce nom. La Margherita et la Bufalina ne nécessitant pas beaucoup d’ingrédients, il vaut vraiment la peine de dépenser quelques euros de plus pour acquérir un fromage de qualité et obtenir le meilleur résultat qui soit!

Italie

Pizza Margherita / Pizza Bufalina

(pour 2 grandes pizzas individuelles)

pour la pâte à pizza

200 grammes de farine T45

100 grammes d’eau

5 grammes de levure fraîche

1 cuillère à café de sel

1 pincée de sucre

1 cuillère à soupe d’huile d’olive

pour la garniture

200 grammes de sauce tomate

1 boule de mozzarella fior di latte / de mozzarella di Bufala Campana

quelques feuilles de basilic

un peu d’huile d’olive

sel et poivre

  • Préparez un levain en mélangeant la levure avec 50 grammes d’eau tiède et 25 grammes de farine. Laissez fermenter pendant 30 minutes environ dans un endroit tiède jusqu’à ce que de petites bulles apparaissent à la surface.
  • Mélangez 175 grammes de farine avec le sel, le sucre et l’huile d’olive. Ajoutez le levain et, petit à petit, 50 grammes d’eau froide. Pétrissez le tout pendant 10 à 15 minutes jusqu’à obtention d’une belle pâte souple. Formez une boule, mettez-la dans un grand saladier et recouvrez celui-ci d’un linge humide que vous réhumidifierez si besoin le temps de la levée. Laissez pousser pendant 6 à 10 heures à température ambiante jusqu’à ce que la pâte ait doublé voire triplé de volume.

 

  • Préchauffez le four à 250°C. Formez 2 disques de pâte de 30 cm de diamètre environ. Étalez la sauce tomate sur la pâte en laissant un bord, salez, poivrez et recouvrez le tout d’un filet d’huile. Mettez au four pendant 5 minutes environ et n’ajoutez la mozzarella coupée en tranches qu’1 ou 2 minute(s) avant la fin de la cuisson. Ajoutez enfin les feuilles de basilic et servez.

Buon appetito!

Bon appétit!

Confiture de groseilles parfumée à la menthe

Oups!

Les Bêtises de Cambrai l’ont prouvé : en cuisine, les étourderies ont parfois du bon. La recette que je vais vous présenter aujourd’hui n’échappe pas à la règle : comme je ne savais pas quoi faire des feuilles de menthe que j’avais dans la main, je les ai déposées dans mon panier de groseilles et, bingo, les y ai oubliées. Le lendemain, j’ai trouvé que le parfum qui émanait de mon panier était très alléchant, c’est pourquoi j’ai décidé d’ajouter un peu de menthe au nouveaux pots de confiture que je comptais faire pour accompagner mon traditionnel pain perdu.

Confiture de groseilles parfumée à la menthe

Le dosage en sucre dans les confitures dépend beaucoup des préférences de chacun mais aussi du sucre que l’on achète. J’utilise pour ma part du sucre à confiture dit « 2 + 1 », ce qui signifie que je mets 2 parts de fruits pour 1 part de sucre, mais à vous de voir quel sucre vous préférez utiliser.

Le test de l’assiette froide est très pratique pour savoir si la confiture est bien prise. Il vous suffit de laisser une petite assiette au congélateur avant de vous mettre aux fourneaux et d’y déposer un peu de confiture quand vous pensez que celle-ci est terminée. Penchez ensuite l’assiette : si la confiture se fige immédiatement, alors c’est qu’elle est prise. Si, au contraire, elle coule sur l’assiette froide, alors c’est qu’elle n’est pas encore prête et qu’il faut poursuivre la cuisson.

Confiture de groseilles parfumée à la menthe 2

Confiture de groseilles parfumée à la menthe

(pour 1 très gros pot)

800 grammes de groseilles

400 grammes de sucre à confiture

15 à 20 feuilles de menthe

  • Mélangez tous les ingrédients et passez le tout au mixeur. Versez ensuite dans une grosse marmite et portez à ébullition en écumant régulièrement si nécessaire.
  • Continuez à faire cuire le tout à gros bouillons pendant 8 à 10 minutes puis vérifiez que la confiture est prise avec le test de l’assiette froide.
  • Versez dans des pots à confiture stérilisés et fermez-les immédiatement. Retournez-les et laissez-les refroidir.

Bon appétit!

Sponge Cake traditionnel (Royaume-Uni)

Quand la littérature s’en mêle

Je vais vous présenter aujourd’hui une recette que j’ai découverte totalement par hasard. Quand on est gourmand et qu’on aime aussi lire, il arrive parfois qu’on tombe sur des noms qui attisent notre curiosité, des spécialités inconnues sur lesquelles on ne peut s’empêcher de chercher des informations une fois devant l’écran.

C’est ce qui m’est arrivé il y a quelque temps alors que j’avais pris la résolution de lire un livre en anglais (ce qui m’arrive grosso modo une fois tous les 10 ans, hum). J’avais choisi Matilda, le célèbre livre pour enfants de Roald Dahl qui nous narre les aventures d’une petite fille aux pouvoirs surprenants. Quand Matilda déguste un « Sponge Cake » chez sa maîtresse, soit littéralement un « Gâteau Éponge », ma réaction ne s’est pas fait tarder : oh, what is it? C’est ce que je m’en vais vous conter aujourd’hui….

Sponge Cake traditionnel

« Sponge Cake » VS « Victoria Sponge Cake »

Le Sponge Cake est un gâteau d’origine britannique dont la première mention remonte à un ouvrage daté de 1615. On le confond souvent avec le « Victoria Sponge Cake« , britannique lui aussi, qu’on appelle aussi parfois « Victoria Sandwich » ou « Victorian Cake » et ce en référence à la Reine Victoria qui aimait déguster une part de Sponge Cake avec son thé de l’après-midi.

Il y a pourtant une différence de taille entre les deux gâteaux car si le Victoria Sponge Cake contient des matières grasses, ce n’est pas le cas du Sponge Cake qui ne contient que de la farine, du sucre et des œufs. Si vous voyez une recette de Sponge Cake avec du beurre, il ne s’agit donc pas d’un véritable Sponge Cake mais bien de sa variante victorienne!

Le Sponge Cake ressemble beaucoup à la génoise française et il sert lui aussi de base à de nombreux gâteaux. Je n’aime pas beaucoup la génoise personnellement et j’ai trouvé que le Sponge Cake était meilleur car il est plus léger et plus moelleux, ou plus « spongieux » pourrait-on dire. Monsieur, lui, a trouvé que le goût rappelait celui des boudoirs, ce qui n’est pas surprenant puisque la recette des boudoirs nécessite les mêmes ingrédients de base.

J’ai personnellement choisi de fourrer mon gâteau avec de la mousse au chocolat et des morceaux de poires mais vous pouvez l’accommoder de mille et une façons, comme avec de la confiture ou de la ganache par exemple.

Royaume-Uni

Sponge Cake

(pour 1 gâteau)

300 grammes de sucre

230 grammes de farine

150 grammes d’eau chaude

6 œufs à température ambiante

1/2 cuillère à café de sel

1/2 cuillère à café de bicarbonate de soude

1 cuillère à café d’extrait naturel de vanille (facultatif)

  • Fouettez légèrement les jaunes d’œufs puis ajoutez petit à petit 200 grammes de sucre en fouettant plus vigoureusement. Versez ensuite l’eau chaude tout en continuant de fouetter puis ajoutez la farine, le sel et éventuellement l’extrait naturel de vanille et mélangez bien le tout.
  • Fouettez légèrement les blancs d’œufs additionnés du bicarbonate de soude puis ajoutez petit à petit 100 grammes de sucre en fouettant plus vigoureusement de sorte à obtenir une consistance bien ferme.
  • Incorporez délicatement les blancs en neige au premier mélange en vous aidant d’une maryse puis versez le tout dans un grand moule sans ajouter de matière grasse.
  • Enfournez le gâteau dans le bas du four préchauffé à 160°C et laissez cuire pendant 55 minutes. Le gâteau doit être bien gonflé et il doit « rebondir » lorsqu’on le presse légèrement du doigt.
  • Démoulez immédiatement et laissez refroidir.

Enjoy your meal!

Bon appétit!

Pizza « capricieuse » (Italie)

Une star sans frontières

La recette que je vais vous présenter aujourd’hui est très connue : la « Capricciosa » fait en effet partie des plus célèbres pizzas et c’est pour ma part celle que je commande le plus souvent en pizzeria (même si, je l’admets, je demande souvent quelques modifications, ce qui me semble être la moindre des choses pour une pizza dite « capricieuse »!).

Pizza capricieuse (Italie)

Si c’est après la Deuxième Guerre Mondiale que la pizza s’est exportée en dehors de la Botte, ses origines sont très anciennes, les premières traces écrites du mot « pizza » remontant à l’an 997. La pizza telle qu’on la connaît aujourd’hui serait originaire de Naples – même si d’autres villes revendiquent sa paternité – et la tradition italienne veut qu’on utilise une pâte très fine et légèrement croustillante pour faire des « pizze » dignes de ce nom.

J’ai utilisé pour ma capricciosa la recette de la pâte « du pizzaiolo » du blog Un Déjeuner de Soleil que je remercie mille fois. Je vous recommande vivement cette recette car le résultat est un vrai régal. Le temps de levée est très long, ce qui est normal puisque la pâte à pizza traditionnelle ne doit pas contenir trop de levure, mais ça n’est pas un problème puisqu’on ne nous demande pas non plus de passer toute la journée à côté de la pâte pendant qu’elle pousse (il faut certes réhumidifier le linge qui la recouvre mais je n’ai eu à le faire qu’une fois personnellement, ce qui me semble correct).

Italie

Pizza Capricciosa

(pour 2 grandes pizzas individuelles)

pour la pâte à pizza

200 grammes de farine T45

100 grammes d’eau

5 grammes de levure fraîche

1 cuillère à café de sel

1 pincée de sucre

1 cuillère à soupe d’huile d’olive

pour la garniture

200 grammes de sauce tomate

100 grammes de prosciutto cotto

100 grammes de champignons de Paris

75 grammes de cœurs d’artichaut marinés à l’huile d’olive

200 grammes de mozzarella

1 dizaine d’olives noires

un peu d’huile d’olive

sel et poivre

  • Préparez un levain en mélangeant la levure avec 50 grammes d’eau tiède et 25 grammes de farine. Laissez fermenter pendant 30 minutes environ dans un endroit tiède jusqu’à ce que de petites bulles apparaissent à la surface.
  • Mélangez 175 grammes de farine avec le sel, le sucre et l’huile d’olive. Ajoutez le levain et, petit à petit, 50 grammes d’eau froide. Pétrissez le tout pendant 10 à 15 minutes jusqu’à obtention d’une belle pâte souple. Formez une boule, mettez-la dans un grand saladier et recouvrez celui-ci d’un linge humide que vous réhumidifierez si besoin le temps de la levée. Laissez pousser pendant 6 à 10 heures à température ambiante jusqu’à ce que la pâte ait doublé voire triplé de volume.

 

  • Préchauffez le four à 250°C. Formez 2 disques de pâte de 30 cm de diamètre environ. Étalez la sauce tomate sur la pâte en laissant un bord, ajoutez les tranches de jambon éventuellement découpées en morceaux, les champignons finement émincés, les morceaux de cœur d’artichaut et les olives. Salez, poivrez et recouvrez le tout d’un filet d’huile. Mettez au four pendant 5 minutes environ et n’ajoutez la mozzarella coupée en tranches qu’1 ou 2 minute(s) avant la fin de la cuisson.

Buon appetito!

Bon appétit!